Le Rapport sur l’Instruction publique de Talleyrand

Je tiens à publier ce magnifique rapport qui nous protège tous pour autant qu’on l’ait lu ( je ne parle pas du décret associé) On saisit à quel point l’instruction détient un pouvoir positif pour l’humanité sans nul pareil, un pouvoir de prospérité pour la société, de liberté et bonheur pour individus dans un monde contemporain où hélas dans de nombreux endroits, des personnes brillantes n’ont pas autant de chance que nous de pouvoir faire briller leur lumière naturelle, bloqués par des structures traditionnelles qui obscurcit des étincelles d’intelligence qui n’aspiraient qu’à s’épanouir comme des fleurs formidables. Nous avons la chance d’avoir accès à une instruction complète ouverte universelle diverse de toutes les matières qui existent et qui nourrissent la pensée de chacun pour nous ouvrir à des trajectoires d’existence singulières les plus riches qui puissent exister: Il invite aussi à l’idée d’une formation à tous les âges qu’il serait pertinent de méditer.

Rapport sur l’Instruction publique fait au nom du Comité de constitution à l’Assemblée nationale les 10, 11 et 19 septembre 1791 par M. DE TALLEYRAND-PERIGORD, ancien évêque d’Autun

Les pouvoirs publics sont organisés : la liberté, l’égalité existent sous la garde toute-puissante des Lois ; la propriété a retrouvé ses véritables bases ; et pourtant la Constitution pourrait sembler incomplète, si l’on n’y attachait enfin, comme partie conservatrice et vivifiante, l’Instruction Publique, que sans doute on aurait le droit d’appeler un pouvoir, puisqu’elle embrasse un ordre de fonctions distinctes qui doivent agir sans relâche sur le perfectionnement du Corps politique et sur la prospérité générale.

Nous ne chercherons pas ici à faire ressortir la nullité ou les vices innombrables de ce que l’on a nommé jusqu’à ce jour Instruction. Même sous l’ancien ordre de choses, on ne pouvait arrêter sa pensée sur la barbarie de nos institutions, sans être effrayé de cette privation totale de lumières, qui s’étendait sur la grande majorité des hommes ; sans être révolté ensuite et des opinions déplorables que l’on jetait dans l’esprit de ceux qui n’étaient pas tout à fait dévoués à l’ignorance, et des préjugés de tous les genres dont on les nourrissait, et de la discordance, ou plutôt de l’opposition absolue qui existait entre ce qu’un enfant était contraint d’apprendre, et ce qu’un homme était tenu de faire ; enfin, de cette déférence aveugle et persévérante pour des usages depuis longtemps surannés, qui, nous replaçant sans cesse à l’époque où tout le savoir était concentré dans les Cloîtres, semblait encore, après plus de dix siècles, destiner l’universalité des Citoyens à habiter des Monastères.

Toutefois ces choquantes contradictions, et de plus grandes encore, n’aurait pas dû surprendre ; elles devaient naturellement exister là où constitutionnellement tout était hors de sa place ; où tant d’intérêts se réunissaient pour tromper, pour dégrader l’espèce humaine ; où la nature du gouvernement repoussait les principes dans tout ce qui n’était pas destiné à flatter ses erreurs ; où tout semblait faire une nécessité d’apprendre aux hommes, dès l’enfance, à composer avec des préjugés au milieu desquels ils étaient appelés à vivre et à mourir ; où il fallait les accoutumer à contraindre leur pensée, puisque la Loi elle même leur disait avec menace qu’ils n’en étaient pas les maîtres ; et où enfin une prudence pusillanime qui osait se nommer vertu, s’était fait un devoir de distraire leur esprit de ce qui pouvait un jour leur rappeler des droits qu’il ne leur était pas permis d’invoquer ; et telle avait été, sous ses rapports, l’influence de l’opinion publique elle-même ; qu’on été parvenue à pouvoir présenter à la jeunesse l’histoire des anciens peuples libres, à échauffer son imagination par le récit de leurs héroïques vertus, à la faire vivre en un mot, au milieu de Sparte et de Rome, sans que le pouvoir le plus absolu eût rien à redouter de l’impression que devait produire ces grands et mémorables exemples. Aimons pourtant à rappeler que, même alors, il s’est trouvé des hommes dont les courageuses leçons semblaient appartenir aux plus beaux jours de la liberté ; et, sans insulter à de trop excusables erreurs, jouissions avec reconnaissance des bienfaits de l’esprit humain qui, dans toutes les époques, a su préparer, à l’insu du despotisme, la révolution qui vient de s’accomplir.

Or si, à ces diverses époques dont chaque jour nous sépare par de si grands intervalles, la simple raison, la saine philosophie ont pu réclamer, non seulement avec justice, mais souvent avec quelque espoir de succès, des changements indispensables dans l’instruction publique ; si, dans tous les temps, il a été permis d’être choqué de ce qu’elle n’était absolument en rapport avec rien, combien plus fortement doit-on éprouver le besoin d’une réforme totale dans un moment où elle est sollicitée à la fois, et par la raison de tous les pays, et par la constitution particulière du nôtre.

Il est impossible, en effet, de s’être pénétré de l’esprit de cette constitution, sans y reconnaître que tous les principes invoquent les secours d’une instruction nouvelle.

Forts de la toute-puissance nationale, vous êtes parvenus à séparer, dans le Corps politique, la volonté commune ou la faculté de faire des Lois, de l’action publique ou des divers moyens d’en assurer l’exécution ; et c’est là qu’existera éternellement le fondement de la liberté politique. Mais pour le complément d’un tel système, il faut sans doute que cette volonté se maintienne toujours droite, toujours éclairée, et que les moyens d’action soit invariablement dirigés vers leur but : or ce double objet est évidemment sous l’influence directe et immédiate de l’instruction.

La loi, rappelée enfin à son origine, est redevenue ce qu’elle n’eût jamais dû cesser d’être, l’expression de la volonté commune. Mais pour que cette volonté, qui doit se trouver toute dans les Représentants de la Nation, charges par elle d’être ses organes, ne soit pas à la merci des volontés éparses ou tumultueuse de la multitude souvent égarée ; pour que ceux de qui tout pouvoir dérive ne soient pas tentées, ni quant à l’émission de la Loi, ni quant à son exécution, de reprendre inconsidérément ce qu’ils ont donné, il faut que la raison publique, armée de toute la puissance de l’instruction et des lumières, prévienne ou réprime sans cesse ces usurpations individuelles, destructrices de tout principe, afin que le parti le plus fort soit aussi, et pour toujours, le parti le plus juste.

Les hommes sont déclarés libres ; mais ne sait-on pas que l’instruction agrandit sans cesse la sphère de la liberté civile, et, seule, de maintenir la liberté politique contre toutes les espèces de despotisme ? Ne sait-on pas que, même sous la constitution la plus libre, l’homme ignorant est à la merci du charlatan, et beaucoup trop dépendant de l’homme instruit ; et qu’une instruction générale, bien distribuée, peut seule empêcher, non pas la supériorité des esprits qui est nécessaire, et qui même concourt au bien de tous, mais le trop grand empire que cette supériorité donnerait, si l’on condamnait à l’ignorance une classe quelconque de la société ? Celui qui ne sait ni lire ni compter, dépend de tout ce qui l’environne ; celui qui connaît les premiers éléments du calcul, de dépendrait pas du génie de Newton, et pourrait même profiter de ses découvertes.

Les hommes sont reconnus égaux ; et pourtant combien cette égalité de droits serait peu sentie, serait peu réelle, au milieu de tant d’inégalités de fait, si l’instruction ne faisait pas sans cesse effort pour rétablir le niveau, et pour affaiblir du moins les funestes disparité qu’elle ne peut détruire !

Enfin, et pour tout dire, la Constitution existerait-elle véritablement, si elle n’existait que dans notre Code ; si de-là elle ne jetait ses racines dans l’âme de tous les citoyens ; si elle n’y imprimait à jamais de nouveaux sentiments, de nouvelles mœurs, de nouvelles habitudes ? Et n’est-ce pas à l’action journalière et toujours croissante de l’instruction, que ces grands changements sont réservés.

Tout proclame donc l’insistante nécessité d’organiser l’instruction : tout nous démontre que le nouvel état des choses, élevé sur les ruines de tant d’abus, nécessite une création en ce genre ; et la décadence rapide et presque spontanée des établissements actuels qui, dans toutes les parties du royaume, dépérissent comme des plantes sur un terrain nouveau qui les rejette, annonce clairement que le moment est venu d’entreprendre ce grand ouvrage.

En nous livrant au travail qu’il demande, nous n’avons pu nous dissimuler un instant les difficultés dont il est entouré. Il en est de réel, et qui tiennent à la nature d’un tel sujet. L’instruction est en effet un pouvoir d’une nature particulière. Il est donné à aucun homme d’en mesurer l’étendue ; et la puissance nationale ne peut elle-même lui tracer des limites. Son objet est immense, indéfinis : que n’embrasse-il pas ! Depuis les éléments les plus simples des arts jusqu’aux principes les plus élevés du droit public et de la morale ; depuis les jeux de l’enfance jusqu’aux représentations théâtrales et aux fêtes les plus importantes de la nation : tout ce qui, agissant sur l’âme, peut y faire naître et y graver de funestes impression, est essentiellement de son ressort. Ses moyens, qui vont toujours en se perfectionnant, doivent être diversement appliquée suivant les lieux, le temps, les hommes, les besoins. Plusieurs sciences sont encore à naître ; d’autres n’existent déjà plus : les méthodes ne sont point fixées ; les principes des sciences ne peuvent l’être, les opinions moins encore ; et, sous aucun de ces rapports, il ne nous appartient d’imposer des lois à la postérité. Telle est néanmoins le pouvoir qu’il faut organiser.

A côté de ces difficultés réelles, il en est d’autres plus embarrassantes peut-être, par la raison que ce n’est pas avec des principes qu’on parvient à les vaincre, et qu’il faut en quelque sorte composer avec elles. celles-ci naissent d’une sorte de frayeur qu’éprouvent souvent les hommes les mieux intentionnés à la vue du grand nouveauté : toute perfection leur semble idéale ; il la redoute presque à l’égal d’un système erroné, et souvent ils parviennent à la rendre impraticable, à force de répéter qu’elle est.

C’est à travers ses difficultés qu’il nous faut marcher ; mais nous croyons avoir écarté les plus fortes, en réduisant extrêmement les principes et en nous bornant à ouvrir toutes les routes de l’instruction, sans prétendre fixer aucune limite à l’esprit humain, aux progrès duquel on ne peut assigner aucun terme.

Quant aux autres difficultés, ceux qu’un trop grand changement effraie, ne tarderont pas à voir que, si nous avons tracé un plan pour chaque partie de l’instruction, c’est que dans la chose la plus pratique il fallait se tenir en garde contre les inconvénients des principes purement spéculatifs ; qu’il ne suffisait pas de marquer le but qu’il fallait aussi ouvrir les routes : mais en même temps nous avons pensé qu’il était nécessaire de laisser aux divers départements, qui connaîtront et ce qu’exigent les besoins et ce que permettent les moyens de chacun, à déterminer le moment ou tel point en particulier pourra être réalisé avec avantage, comme aussi à la modifier dans quelques détails, car nous voulons que le passage de l’ancienne instruction à la nouvelle se fasse sans convulsion , et surtout sans injustice individuelle.

Pour nous tracer quelque ordre dans un sujet aussi vaste, nous avons considéré l’instruction sous les divers rapports qu’elle nous a paru présenter à l’esprit.

L’instruction en général a pour but de perfectionner l’homme dans tous les âges, et de faire servir sans cesse à l’avantage de chacun et au profit de l’association entière les lumières, l’expérience et jusqu’aux erreurs des générations précédentes.

Un des caractères les plus frappants dans l’homme et la perfectibilité ; et ce caractère sensible dans l’individu, l’est bien plus encore dans l’espèce : car peut-être n’est-il pas impossible de dire de tel homme en particulier, qu’il est parvenu au point où il pouvait atteindre, et il le sera éternellement de l’affirmer de l’espèce entière, dont la richesse intellectuelle et morale s’accroît sans interruption de tous les produits des siècles antérieurs.

Les hommes arrivent sur la terre, avec des facultés diverses qui sont à la fois les instruments de leur bien-être et les moyens d’accomplir la destinée à laquelle la société les appelle ; mais ces facultés, d’abord inactives ont besoin et du temps, et des choses, et des hommes pour recevoir leur entier développement, pour acquérir toute leur énergie : mais chaque individu entre dans la vie avec une ignorance profonde sur ce qu’il peut et doit être un jour ; c’est à l’instruction à le lui montrer ; c’est à elle à fortifier, à accroître les moyens naturels de tous ceux que l’association a fait naître, et que le temps accumule. Elle est l’art plus ou moins perfectionné de mettre les hommes en toute valeur, tant pour eux que leurs semblables ; de leur apprendre à jouir pleinement de leurs droits, à respecter et remplir facilement Tous leurs devoirs ; en un mot, à vivre heureux et à vivre utile ; et de préparer ainsi la solution du problème, le plus difficile peut-être des sociétés, qui consiste dans la meilleure distribution des hommes.

On doit considérer en effet la société comme un vaste atelier. Il ne suffit pas que tous y travaillent ; il faut que tous y soient à leur place, sans quoi il y a opposition de force, au lieu du concours qui les multiplie. Qui ne sait qu’un petit nombre, distribué avec intelligence, doit faire plus et mieux qu’un plus grand, doué des mêmes moyens, mais différemment placé ? La plus grande de toutes les économies, puisque c’est l’économie des hommes, consiste donc à les mettre dans leur véritable position : Aurore et il est incontestable qu’un bon système d’instruction est le premier moyen pour y parvenir.

Comment le former ce système ? Il sera sans doute, sous beaucoup de rapports l’ouvrage du temps épuré par l’expérience ; mais il est essentiel d’en accélérer l’époque. Il faut donc en indiquer les bases, et reconnaître les principes, dont il doit être le développement progressif.

L’instruction peut être considérée comme un produit de la société, comme une source de biens pour la société, comme une source également féconde de biens pour les individus.

Et d’abord, il est impossible de concevoir une réunion d’hommes, un assemblage d’êtres intelligents, sans y apercevoir aussitôt des moyens d’instruction. Ces moyens naissent de la libre communication des idées, comme aussi de l’action réciproque des intérêts. C’est alors surtout qu’il est vrai de dire que les hommes sont disciples de que de tout ce qui les entoure : mais ces éléments d’instruction, ainsi universellement répandus, ont besoin d’être réunis, combinés, et dirigés, pour qu’il résulte un art, c’est-à-dire, un moyen prompt et facile de faire arriver à chacun, par des routes sûres, la part d’instruction qui lui est nécessaire. Dans une heureuse combinaison de ces moyens réside le vrai système d’instruction.

Sous ce premier point de vue, l’instruction réclame les principes suivants :

1° Elle doit exister pour tous : puisqu’elle est un des résultats, aussi bien qu’un des avantages de l’association, on doit conclure qu’elle est un bien commun des associés : nul ne peut donc en être légitimement exclu ; et celui-là, qui a le moins de propriété privée, semble même avoir un droit de plus pour participer à cette propriété commune.

2° Ce principe se lie à un autre. Si chacun a le droit de recevoir les bienfaits de l’instruction, chacun a réciproquement le droit de concourir à les répandre : car c’est du concours et de la rivalité des efforts individuels que naîtra toujours le plus grand bien. La confiance doit seule déterminer les choix pour les fonctions instructives ; mais tous les talents sont appelés de droit à discuter le prix de l’estime publique. Tout privilège est, par sa nature, odieux ; un privilège, en matière d’instruction, serait plus odieux et plus absurde encore.

3° L’instruction, quant à son objet, doit être universelle : car c’est alors qu’elle est véritablement un bien commun, dans lequel chacun peut s’approprier la part qui lui convient. Les diverses connaissances qu’elle embrasse, peuvent ne pas paraître également utiles ; mais il n’en est aucune qui ne le soit véritablement, qui ne puisse le devenir davantage, et qui par conséquence doive être rejetée ou négligée. Il existe d’ailleurs entre elles minent une éternelle alliance, une dépendance réciproque ; car elles sont toutes, dans la raison de l’homme, un point commun de réunion, de telle sorte que nécessairement l’une s’enrichit et se fortifie par l’autre. De là il résulte que, dans une société bien organisée, quoi que personne ne puisse parvenir à tout savoir, il faut néanmoins qu’il soit possible de tout apprendre.

4° L’instruction doit exister pour l’un et l’autre sexe ; cela est trop évident ; car, puisqu’elle est un bien commun, sur quel principe l’un des deux pourrait -il en être déshérité par la société protectrice des droits de tous ?

5° Enfin elle doit exister pour tous les âges. C’est un préjugé de l’habitude de ne voir toujours en elle que l’institution de la jeunesse. L’instruction doit conserver et perfectionner ceux qu’elle a déjà formé ; elle est d’ailleurs un bienfait social et universel ; elle doit donc naturellement s’appliquer à tous les âges, si tous les âges en sont susceptibles : or, qui ne voit qu’il n’en est aucun où les facultés humaines ne puissent être utilement exercées, ou l’homme ne puisse être affermi dans d’heureuses habitudes, encouragé à faire le bien, éclairé sur les moyens de l’opérer : et qu’est-ce que tous ces secours, si ce n’est des émanations du pouvoir instructif ?

De ces principes qui ne sont, à proprement parler, que des conséquences du premier, naissent des conséquences ultérieures et déjà clairement indiquées.

Puisque l’instruction doit exister pour tous, il faut donc qu’il existe des établissements qui la propagent dans chaque partie de l’Empire, en raison de ses besoins, du nombre de ses habitants, et de ses rapports dans l’association politique.

Puisque chacun a le droit de concourir à la répandre, il faut donc que tout privilège exclusif sur l’instruction soit aboli sans retour.

Puisqu’elle doit être universelle, il faut donc que la société encourage, facilite tous les genres d’enseignement, et en même temps qu’elle protège spécialement ceux dont l’utilité actuelle et immédiate sera le plus généralement reconnue et le plus appropriée à la Constitution et aux mœurs nationales.

Puisque l’instruction doit exister pour chaque sexe, il faut donc créer promptement des écoles, et pour l’un, et pour l’autre ; mais il faut aussi créer pour elles des principes d’instruction : car ce ne sont pas les écoles, mais les principes qui les dirigent, qu’il faut regarder comme les véritables propagateurs de l’instruction.

E nfin, puisqu’elle doit exister pour tous les âges, il faut donc ne pas s’occuper exclusivement, comme on l’a fait jusqu’à ce jour parmi nous, d’établissements pour la jeunesse ; il faut aussi créer, des institutions d’un autre ordre qui soient pour les hommes de tout âge, de tout état, et dans les diverses positions de la vie, des sources fécondes d’instruction et de bonheur.

L’instruction, considéré dans ses rapports avec l’avantage de la Société , exige, comme principe fondamental, qu’ils soit enseigné à tous les hommes :

1° A connaître la constitution de cette société ; – 2° A la défendre ; – 3° A la perfectionner ; – 4° Et, avant tout, à se pénétrer des principes de la morale, qui est antérieure à toute Constitution, et qui, plus qu’elle encore, est la sauvegarde et la caution du bonheur public.

De là diverses conséquences relatives à la Constitution française.

Il faut apprendre à connaître la Constitution ; il faut donc que la Déclaration des Droits et les principes constitutionnels composent à l’avenir un nouveau catéchisme pour l’enfance, qui sera enseigné jusque dans les plus petites écoles du Royaume. Vainement on a voulu calomnier cette Déclaration ; c’est dans les droits de tous que se trouvent éternellement les devoirs de chacun.

Il faut apprendre à défendre la Constitution ; il faut donc que partout la jeunesse se forme, dans cet esprit, aux exercices militaires, et que par conséquent il existe un grand nombre d’écoles générales, où toutes les parties de cette science soient complètement enseignées : car le moyen de faire rarement usage de la force, est de bien connaître l’art de l’employer.

Il faut apprendre à perfectionner la Constitution. En faisant serment de la défendre, nous n’avons pu renoncer, ni pour nos descendants, ni pour nous-mêmes, aux droits et à l’espoir de l’améliorer. Il importerait donc que toutes les branches de l’art social puisse être cultivées dans la nouvelle instruction : mais cette idée, dans toutes les étendues qu’elles présente à l’esprit, serait d’une exécution difficile au moment où la Science commence à peine à naître. Toutefois il est pas permis de l’abandonner, et il faut du moins encourager tous les effets, tous les établissements partiels en ce genre, afin que le plus noble, le plus utile des arts ne soit pas privé de tout enseignement.

Il faut apprendre à se pénétrer de la morale, qui est le premier besoin de toutes les Constitutions ; il faut donc, non seulement qu’on la grave dans tous les cœurs par la voie du sentiment et de la conscience, mais aussi qu’on l’enseigne comme une Science véritable, dont les principes seront démontrés à la raison de tous les hommes, à celle de tous les âges : c’est par là seulement qu’elle résistera à toutes les épreuves. On a gémi longtemps de voir les hommes de toutes les nations, de toutes les religions, la faire dépendre exclusivement de cette multitude d’opinions qui les divisent. Il en est résulté de grands maux ; car en la livrant à l’incertitude, souvent à l’absurdité, on l’a nécessairement compromise, on l’a rendu prospère versatile et chancelante. Il est temps de l’asseoir sur ses propres bases ; il est temps de montrer aux hommes, que si de funestes divisions les séparent, il est du moins dans la morale un rendez-vous commun où ils doivent tous se réfugier et se réunir. Il faut donc en quelque sorte, la détacher de tout ce qui n’est pas elle, pour la rattacher ensuite à ce qui mérite notre assentiment et notre hommage, à ce qui doit lui prêter son appui. Ce changement est simple., il ne blesse rien ; surtout il est possible. Comment ne pas voir, en effet, qu’abstraction faite de tout système, de toute opinion, et qu’en ne considérant dans les hommes que leurs rapports avec les autres hommes, on peut leur enseigner ce qui est bon, ce qui est juste, le leur faire aimer, leur faire trouver du bonheur dans les actions honnêtes, du tourment dans celles qui ne le sont pas, former enfin de bonne heure leur esprit et leur conscience, et les rendre l’un et l’autre sensibles à la moindre impression de tout ce qui est mal. La Nature a pour cela fait de grandes avances ; elle a doué l’homme de la raison et de la compassion. Par la première, il est éclairé sur ce qui est juste ; par la seconde il était tiré vers ce qui est bon : voilà le double principe de toute morale. Mais cette nouvelle partie de l’instruction pour être bien enseignée, exige un ouvrage élémentaire, simple, à la fois clair et profond. Il est digne de l’Assemblée Nationale d’appeler sur un tel objet les veilles et les méditations de tous les vrais philosophes.

L’instruction, comme source d’avantages pour les individus, demande que toutes les facultés de l’homme soient exercées ; car c’est à leur exercice bien réglé qu’est attaché son bonheur ; et c’est en les avertissant toutes, qu’on est sûr de décider la faculté distinctive de chaque homme.

Ainsi, l’instruction doit s’étendre sur toutes les facultés, physiques, intellectuelles, morales.

Physiques. C’est une étrange bizarrerie de la plupart de nos éducations modernes, de ne destiner au corps que des délassements. Il faut travailler à conserver sa santé, à augmenter sa force, à lui donner de l’adresse, de l’agilité ; car ce sont là de véritables avantages pour l’individu. Ce n’est pas tout ; ces qualités sont le principe de l’industrie, et de l’industrie de chacun crée sans cesse des jouissances pour les autres. Enfin, la raison découvre dans les différents exercices de la Gymnastique, si cultivée parmi les anciens, si négligée parmi nous, d’autres rapports encore qui intéresse particulièrement la morale et la société. Il importe donc, sous tous ses points de vue, d’en faire un objet capital de l’instruction.

Intellectuelles. Elles ont été divisées en trois classes : l’imagination, la mémoire et la raison. À la première ont paru appartenir les Beaux-Arts et les Belles-Lettres ; à la seconde, l’Histoire, les Langues ; à la troisième, les Sciences exactes. Mais cette division, déjà ancienne, et les classifications qui en dépendent, sont loin d’être irrévocablement fixées : déjà même elles sont regardées comme incomplètes et absolument arbitraires par ce qui en ont fournis le principe à une analyse réfléchie. Toutefois il n’y a nul inconvénient à les employer encore comme formant la dernière carte des connaissances humaines. L’essentiel est que, dans tous les établissements complets, l’instruction s’étende sur les objets qu’elle renferme, sans exclure aucun de ceux qui pourrait ni être pas indiqué. C’est au temps à faire le reste.

Morales. On les a, jusqu’à ce jour, ni classées, ni définies, ni analysées ; et peut être une telle entreprise serait-elle hors des moyens de l’esprit humain ; mais on sait qu’il est un sens interne, un sentiment prompt, indépendant de toute réflexion, qui appartient à l’homme, et parait n’appartenir qu’à l’homme seul. Sans lui, ainsi qu’il a été déjà dit, on peut connaître le bien ; par lui seul on l’affectionne, et l’on contracte l’habitude de le pratiquer sans effort. Il est donc essentiel d’avertir, de cultiver, mais surtout de diriger de bonne heure une telle faculté, puisqu’elle est, en quelque sorte, le complément des moyens de vertu et de bonheur.

En rapprochant les divers points de vue sous lesquelles nous avons considéré l’Instruction, nous en avons déduit les règles suivantes sur la répartition de l’enseignement.

Il doit exister pour tous les hommes une première instruction commune à tous. Il doit exister pour un plus grand nombre une instruction qui tende à donner un plus grand développement aux facultés, et éclairer chaque élève sur sa destination particulière. Il doit exister pour un certain nombre une instruction spéciale et approfondie, nécessaire à divers états, dont la Société doit retirer de grands avantages.

La première instruction serait placée dans chaque canton, ou, plus exactement, dans chaque division qui renferme une assemblée primaire ; la seconde dans chaque district ; la troisième répondrait à chaque département, afin que par là chacun pût trouver, ou chez soi, ou autour de soi, tout ce qu’il lui importe de connaître.

De là une distribution graduelle, une hiérarchie instructive correspondante à la hiérarchie de l’administration.

Cette distribution ne doit pas, au reste, être purement topographique ; il faut que l’instruction s’allie le plus possible au nouvel état des choses, et qu’elle présente, dans ses diverses gradations, des rapports avec la nouvelle Constitution. Voici l’idée que nous nous en sommes faite.

Près des assemblées primaires, qui sont les unités du Corps politique, les premiers éléments nationaux, se place naturellement la première école, les écoles élémentaires. Cette école pour l’enfance, et ne doit comprendre que des documents généraux, applicables à toutes les conditions. C’est au moment où les facultés intellectuelles annoncent l’être qui sera doué de la raison, que la Société doit, en quelque sorte, introduire un enfant dans la vie sociale, et lui apprendre à la fois ce qu’il faut pour être un jour un bon citoyen, et pour vivre heureux. On ne sait encore quelle place il occupera dans cette société ; mais on sait qu’il a le droit d’y être bien, et d’aspirer à en être à jour un membre utile : il faut donc lui faire connaître ce qui est nécessaire et pour l’un , et pour l’autre.

Au-dessus des assemblées primaires s’élèvent dans la hiérarchie administrative celles de District, dont les fonctions sont presque toutes préparatoires, et dont les membres se composent d’un petit nombre pris dans ces assemblées primaires : de même aussi au-delà des premières écoles seront établies, dans chaque district, des écoles moyennes ouvertes à tout le monde, mais destinées néanmoins, par la nature des choses, à un petit nombre seulement d’entre les élèves des écoles primaires. On sent en effet qu’au sortir de la première Instruction, qui est la portion commune du patrimoine que la Société répartit à tous, le grand nombre, entraîné par la loi du besoin, doit prendre la direction vers un état promptement productif ; que ceux qui sont appelés par la Nature à des professions mécaniques, c’empresserons ( sauf quelques exceptions ) à retourner dans la maison paternelle, où à se former dans des ateliers ; et que ce serait une véritable folie, une sorte de bienveillance cruelle, de vouloir faire parcourir à tous les divers degrés d’une instruction inutile, et par conséquent nuisible au plus grand nombre. Cette seconde instruction sera donc pour ceux qui n’étant appelés ni par goût, ni par besoin, à des occupations mécaniques, aux fonctions de l’agriculture, aspirent à d’autres professions, ou cherchent uniquement à cultiver, à orner leur raison, et à donner à leur faculté un plus grand développement. Là n’est donc pas encore la dernière instruction ; car le choix d’un état n’est point fait. Il s’agit seulement de s’y disposer ; il s’agit de reconnaître dans le développement prompt de celle des facultés qui semble distinguer chaque individu, l’indication du vœu de la Nature pour le choix d’un état préférablement à tout autre : d’où il suit que cette instruction doit présenter un grand nombre d’objets, et néanmoins qu’aucun de ces objets ne doit être trop approfondi, puisqu’il n’est encore là qu’en enseignement préparatoire.

Enfin, dans l’échelle administrative se trouve placée au sommet l’administration de département, et à ce degré Enfin, dans l’échelle administrative se trouve placée au sommet l’administration de département, et à ce degré d’administration doit correspondre le dernier degré de l’instruction, qui est l’instruction nécessaire aux divers états de la société. Ces états sont en grand nombre ; mais on doit ici les réduire beaucoup : car il ne faut un établissement national que pour ceux dont la pratique exige une longue théorie, et dans l’exercice desquelles les erreurs seraient funestes à la société. L’état de ministre de la religion, , celui d’homme de loi, celui de médecin, qui comprend l’état de chirurgien, enfin, celui de militaire : voilà les états qui présentent ce caractère. Ce dernier même semblerait d’abord pouvoir ne pas y être compromis, par la raison que, dans plusieurs de ses parties, il peut être utilement exercé dès le jour même qu’on s’y destine : mais comme il y en a de très multipliées qui demandent une instruction profonde, comme il importe au salut de tous que, dans l’art difficile d’employer et de diriger la force publique, nous ne soyons inférieurs à aucune autre puissance ; comme enfin, d’après nos principes constitutionnels, chacun est appelé à remplir des fonctions militaires, il nous a semblé qu’il était nécessaire de le prendre au aussi dans la classe des états auxquels la société destinera des établissements particuliers.

Par là répondront aux divers degrés de la hiérarchie administrative, les différentes graduations de l’Instruction publique ; et de même qu’au delà de toutes les administrations, se trouve placé le premier organe de la nation, le Corps législatif, investi de toute la force de la volonté publique ; ainsi, tant pour le complément de l’instruction, que pour le rapide avancement de la science, il existera dans le chef-lieu de l’empire, et comme au faîte de toutes les instructions, une école plus particulièrement nationale, un institut universel qui, s’enrichissants des lumières de toutes les parties de la France, présentera sans cesse la réunion des moyens les plus heureusement combinés pour l’enseignement des connaissances humaines et leur accroissement indéfini. Cet institut, placé dans la capitale, cette patrie naturelle des arts, au milieu des grands modèles de tous les genres qui honorent la nation, nous a paru correspondre, sous plus d’un rapport dans la hiérarchie instructive, au Corps législatif lui-même, non qu’il puisse jamais s’arroger le droit d’imposer des lois ou d’en surveiller l’exécution, mais parce que se trouvant naturellement le centre d’une correspondance toujours renouvelée avec tous les départements, il est destiné, par la force des choses, à exercer une sorte d’empire, celui que donne une confiance toujours libre et toujours méritée ; que, réunissant des moyens dont l’ensemble ne peut se trouver que là, il deviendra, par le privilège légitime de la supériorité, le propagateur des principes, et le véritable législateur des méthodes ; qu’à l’instar du corps législatif, ses membres seront aussi l’élite des hommes instruits de toutes les parties de la France, et que les élèves eux-mêmes, dont la première éducation, distinguée par des succès, méritera d’être perfectionnée pour le plus grand bien de la Nation, étant choisis dans chaque département pour être envoyés dans cette école, ainsi qu’il sera expliqué ci-après, seront, en vertu d’un tel choix, comme les jeunes députés, si non encore de la confiance, au moins de l’espérance nationale.

Cette hiérarchie ainsi exposée, il paraîtrait naturelle de passer à l’indication des objets et des moyens instruction, pour chacun des degrés que nous venons de marquer ; mais auparavant, il est une question à résoudre et sur laquelle les bons esprits eux-mêmes sont partagés : c’est celle qui regarde la gratuité de l’instruction.

Il doit exister une instruction gratuite : le principe est incontestable ; mais jusqu’à quel point doit-elle être gratuite ? Sur quels objets seulement doit-elle l’être ? Qu’elles sont, en un mot, les limites de ce grand bienfait de la Société envers ses membres ?

Quelque difficulté semble d’abord obscurcir cette question. D’une part, lorsqu’on réfléchit sur l’organisation sociale et sur la nature des dépenses publiques, on ne se fait pas tout de suite à l’idée qu’une Nation puisse donner gratuitement à ses membres, puisque, n’existant que par eux, elle n’a rien qu’elle ne tienne d’eux. D’autre part, le trésor national ne se composant que des contributions dont le prélèvement est toujours douloureux aux individus, on se sent naturellement porté à vouloir en restreindre l’emploi et l’on regarde comme une conquête tout ce qu’on s’abstient de payer au nom de la Société.

Des réflexions simples fixeront sur ce point les idées.

Qu’on ne perde pas de vue qu’une société quelconque, par cela même qu’elle existe, est soumise à des dépenses générales, ne fût-ce que pour les frais indispensables de toute association ; de là résulte la nécessité de former un fonds à l’aide des contributions particulières.

De l’emploi de ce fonds naissent, dans une société bien ordonnée, par un effet de la distribution et de la séparation des travaux publics, d’incalculables avantages pour chaque individu, acquit à peu de frais par chacun d’eux.

Ou plutôt la contribution, qui semble d’abord être une atteinte à la propriété, est, sous un bon régime, un principe réel d’accroissement pour toutes les propriétés individuelles.

Car chacun en reçoit en retour le bienfait inestimable de la protection sociale qui multiplie pour lui les moyens, et par conséquent les propriétés : et de plus, délivré d’une foule de travaux auxquels il n’aurait pu se soustraire, il acquiert la faculté de se livrer, autant qu’il le désire, à ceux qu’il s’impose lui-même, et par là de les rendre aussi productifs qu’ils peuvent l’être.

C’est donc à juste titre que la Société est dite accorder gratuitement un bienfait, lorsque par le secours de contributions justement établies et impartialement réparties, elle en fait jouir tous ses membres, sans qu’ils soient tenus d’aucune dépense nouvelle.

Reste à déterminer seulement dans quels cas et sur quel principe elle doit appliquer ainsi une partie des contributions ; car, sans approfondir la théorie de l’impôt, on sent qu’il doit y avoir un terme, passé lequel, les contributions seraient un fardeau dont aucun emploi ne pourrait ni justifier, ni compenser l’énormité. On sent aussi que la Société, considérée en corps, ne peut ni tout faire, ni tout ordonner, ni tout payer, puisque, s’étant formé principalement pour assurer et étendre la liberté individuelle, elle doit habituellement laisser agir plutôt que de faire elle-même.

Il est certain qu’elle doit d’abord payer ce qui est nécessaire pour la défendre et la gouverner, puisqu’avant tout, elle doit pourvoir à son existence. .

Il ne l’est pas moins qu’elle doit payer ce qu’exigent les diverses fins pour lesquelles elle existe, par conséquent ce qui est nécessaire pour assurer à chacun sa liberté et sa propriété ; pour écarter des associés une foule de maux auxquels ils seraient sans cesse exposer hors de l’état de la société ; enfin, pour les faire jouir des biens publics qui doivent naître d’une bonne association : car voilà les trois fins pour lesquelles toute société s’est formée ; et, comme il est évident que l’instruction tiendra toujours un des premiers rangs parmi ces biens, il faut conclure que la Société doit aussi payer tout ce qui est nécessaire pour que l’instruction parvienne à chacun de ses membres .

Mais s’en suit-il de là que toute espèce d’instruction doivent être accordée gratuitement à chaque individu ? Non .

La seule que la Société doive avec la plus entière gratuité, est celle qui est essentiellement commune à tous, parce qu’elle est nécessaire à tous. Le simple énoncé de cette proposition en renferme la preuve : car il est évident que c’est dans le trésor commun que doit être prise la dépense nécessaire pour un bien commun ; or l’instruction primaire est absolument et rigoureusement commune à tous , puisqu’elle doit comprendre les éléments de ce qui est indispensable, quelqu’état que l’on embrasse. D’ailleurs, son but principal est d’apprendre aux enfants à devenir un jour des Citoyens. Elle les initie en quelque sorte dans la Société, en leur montrant les principales lois qui la gouvernent, les premiers moyens pour y exister : or n’est-il pas juste qu’on fasse connaître à tous gratuitement ce que l’on doit regarder comme les conditions mêmes de l’association dans laquelle on les invite d’entrer ? Que cette première Instruction nous a donc paru une dette rigoureuse de la Société envers tous. Il faut qu’elle acquitte sans aucune restriction .

Quant aux diverses parties d’Instruction qui seront enseignées dans les écoles de District et de Département, ou dans l’Institut , comme elles ne sont point en ce sens communes , quoi qu’elles soient accessibles à tous, la Société n’en doit nullement l’application gratuite à ceux qui librement voudraient les apprendre. Il est bien vrai que, puisqu’il doit en résulter un grand avantage pour la Société, elle doit pourvoir à ce qu’elles existent. Elle doit par conséquent se charger envers les instituteurs de la part rigoureusement nécessaire de leur traitement en sorte que dans aucun cas leur existence et le sort des établissements ne puissent être compromis : elle doit organisation, protection, même secours à ces divers établissements : elle doit faire, en un mot , tout ce qui sera nécessaire pour que l’enseignement y soit bons, qu’il s’y perpétue et qu’il s’y perfectionne ; mais comme ceux qui fréquenteront ces Ecoles, en recueilleront aussi un avantage très réel, il est parfaitement juste qu’ils supportent une partie des frais, et que ce soit eux qui ajoutent à l’existence de leurs Instituteurs les moyens d’aisance qui allégeront leurs travaux, et qui s’accroîtront par la confiance qu’ils auront inspirée. Il ne conviendrait sous aucun rapport que la Société s’imposât la loi de donner pour rien les moyens de parvenir à des états qui, en proportion du succès , doivent être productifs pour celui qui les embrasse.

A ces motifs de raison et de justice s’unissent de grands moyens de convenance. On a pu mille fois remarquer que, parmi la foule d’élèves que la vanité des parents jetait inconsidérément dans nos anciennes écoles ouvertes gratuitement à tout le monde , un grand nombre, parvenu à la fin des études qu’on y cultivait, n’en étaient pas plus propres aux divers états dont elles étaient les préliminaires, et qu’ils n’y avaient gagné qu’un dégoût insurmontable pour les professions honorables et dédaignées auxquelles la Nature les avaient appelés ; de telle sorte qu’ils devenaient des êtres très embarrassants dans la Société. Maintenant qu’il y aura une rétribution quelconque à donner qui stimulera à la fois le professeur et l’élève, il est clair que les parents ne seront plus tentés d’être les victimes d’une vanité malentendue, et que par là l’agriculture et les métiers, dont un sot orgueil éloignait sans cesse, reprendront et conserveront tous ceux qui sont véritablement destinés à les cultiver.

Mais si la Nation n’est point obligée, si même elle n’a pas le droit, de s’imposer de telles avances, il est une exception honorable qu’elle est tenue de consacrer : c’est celle que la naturelle même semble avoir faite en accordant le talent. Destiné à être à jour le bienfaiteur de la Société, il faut que, par une reconnaissance anticipée, il soit encouragé par elle ; qu’elle le soigne, qu’elle écarte d’autour de lui tout ce qui pourrait arrêter ou retarder sa marche ; il faut que, quelque part qu’il existe, il puisse librement parcourir tous les degrés de l’Instruction ; que l’Elève des Ecoles Primaires, qui a manifesté des dispositions précieuses qui l’appellent à l’Ecole supérieure, y parvienne au dépens de la Société , s’il est pauvre, que l’école de District, lorsqu’il s’y distinguera, il puisse s’élever sans obstacle, et encore à titre de récompense, à l’école plus savante du Département , et ainsi de degrés en degrés et par un choix toujours plus sévère jusqu’à l’Institut national.

Par là aucun talent véritable ne se trouvera perdu ou négligé, et la société aura entièrement acquitté sa dette. Mais on sent qu’un tel bienfait ne doit pas être prodigués, soit parce qu’il est pris sur la fortune publique dont on doit se montrer avare, soit aussi parce qu’il est dangereux de trop encourager les demi talents.

Qu’ainsi, la gratuité de l’Instruction s’étendra jusqu’où elle doit s’étendre : elle aura pourtant encore des bornes ; mais ces bornes sont indiquées par la raison : il était nécessaire de les poser.

Toute la question sur l’Instruction gratuite se résume donc en fort peu de mots.

Il est une Instruction absolument nécessaire à tous. La Société la doit à tous : non seulement elle en doit les moyens, elle doit aussi l’application de ces moyens.

Il est une Instruction qui, sans être nécessaire à tous, est pourtant nécessaire dans la Société en même temps qu’elle est utile à ceux qui la possèdent. La Société doit en assurer les moyens ; mais c’est aussi aux individus qui en profitent, à prendre sur eux une partie des frais de l’application.

Il est enfin une Instruction qui, étant nécessaire dans la Société, parait lui devoir être beaucoup plus profitable, si elle parvient à certains individus qui annoncent des dispositions particulières. La Société, pour son intérêt autant que pour sa gloire, doit donc à ces individus, non pas seulement l’existence des moyens, mais encore tout ce qu’il faut pour qu’ils puissent en faire usage.

Ces principes une fois posés, leur vérité sentie , leur nécessité reconnue, il faut passer à l’application, et organiser ces Institutions diverses que nous ne n’avons fait qu’indiquer. Cette organisation doit comprendre à la fois et les objets et les moyens d’Instruction pour chacune d’elles ; ce qui est nécessaire pour qu’elles existent, pour qu’elles soient utiles, pour qu’elles se perpétuent, pour qu’elles s’améliorent.

Le danger du geek et des relations virtuelles

La virtualité peut être assez malsaine car c’est parfois un substitut de réalité et une déformation du rapport à la réalité. La virtualité peut même être une sorte de satisfaction virtuelle d’un fantasme c’est à dire une satisfaction réellement vécue d’un désir réel caché sous la forme d’une réalisation d’une relation virtuelle reposant sur des schémas imaginaires d’une représentation désirante dans l’ordre de la représentation elle même.

la réalisation virtuelle (l’échange épistolaire du XVIIème romantique ou le fil de discussion facebook, les mails échangés, ou le jeu sur les MMO, ou vivre au rythme des séries, et blockbusters en solitaire) est une vision illusoire sur son propre désir et une situation imaginaire éloignant de la réalité.

Par exemple, le geek est un cas explicite de ce genre de problème : il fantasme son existence sous la forme d’une satisfaction réelle à réaliser son désir( de réalisation de soi réel ou de puissance, agilité, réussite) par le détour d’une action virtuelle reposant sur des schémas imaginaires ( un héros barbare par exemple, un assassin, un agent de force spéciale, etc.) se réalisant dans l’ordre de la virtualité c’est à dire nulle part dans le monde.

Si celui ci joue seul cette personne passe à côté de sa vie en restant geek. C’est un mauvais rapport à la virtualité.

Il me semble que nous pouvons tomber dans ce piège ci également dans les relations épistolaires amicales ou amoureuses.

La raison et le principe de réalité impose de dire que seuls ceux qui engagent une inscription dans la réalité et un passage à la réalité sociale font un usage sain de la virtualité qui s’actualise en actions concrètes ( Parti en réseau, soirées entre amis, fêtes, activités quelconques sociales)

La condition c’est qu’il y ait minimum deux personnes engagées dans une relation virtuelle et que celles ci soient dans la capacité d’action d’effectuer un échange social dans la réalité matérielle. ( abolition de la distance géographique, etc.) C’est une condition normale et importante de toute réalité sociale et c’est sain car cela coupe la fiction du fantasme et oblige à une réalisation réelle avec toutes les difficultés qu’elle comporte ( le geek fan d’art martiaux pour l’aspect spectaculaire de l’agilité qui va enfin franchir la porte d’un dojo pour devenir agile comme le chat et lancer des coups de pieds fouettés à l’image de ces idoles). La il va se réaliser, la il aura un rapport social, là il réalisera son existence.

La question que doit se poser le geek au même titre que toutes les personnes sujettes à des relations virtuelles est : Pourquoi ai je été pris par cette structure fantasmatique et quel est le désir réel qu’il me faut chercher à réaliser réellement dans mon existence?

Là commence le chemin vers l’existence. L’étape suivante sera de chercher à le réaliser et là, Bienvenue dans la réalité.

L’impulsif est il un homme du ressentiment?

 

Comment produit-on un juste diagnostic de soi ? Peut-on conjurer un mode de fonctionnement durablement enraciné en nous? Comment ne pas répéter les mêmes cycles et les briser afin d’évoluer et de dépasser la répétition du même schéma de réponse à un ensemble de situation similaires?

 

Tentative d’analyse de la situation de l’impulsif verbal: quelqu’un qui dit ce qu’il ressent à un moment donné sans filtre d’aucune sorte, sans que cela soit juste ou le reflet de sa pensée ou non mais il explose littéralement d’une diatribe donnée. Si donc la forme de son impulsivité a été de porter un coup verbal, pourquoi avait-il besoin et/ou envie de faire mal par les mots? Par quel procédé est-il passé dans l’attaque verbale? Comment son désir a pu prendre une telle forme?

 

Toute expression violente est une dérivation d’une source de violence externe, interne ou polyfactiorielle.

 

Je tape quelqu’un d’une certaine manière parce que je suis tapé même si ce n’est pas par la même personne ou par une source de même nature. Le phénomène est  accumulatif. Il faut avoir en stock une quantité d’énergie assez forte pour qu’elle puisse déborder par un effet de seuil jusqu’à passer dans un acte de langage ou un acte physique. Une forme négative de cette énergie est une forme où la quantité d’énergie s’accroit par une accumulation excédent l’unité contenante de cette énergie: il y a production d’énergie excédentaire à tel corps.

 

D’où provient une telle accumulation d’énergie sous la forme non plus d’un écoulement fluide mais d’une boule d’énergie rendant le corps comme un opaque et sphérique geyser d’énergie accumulée et bloquée qui ne souhaite que s’expulser et partir?

 

Le mécanisme semble celui de la charge d’énergie puis de la décharge d’énergie brutale. Pourquoi ce mécanisme s’exprime de cette manière alors que la plupart du temps il est adouci par les moeurs? Pourquoi va reprendre sa forme donnée brutale à tel moment donné? forme qui sera tantôt un coup physique ou une agression verbale?

 

Plusieurs hypothèses peuvent être formulées : soit c’est le facteur temporel qui prime: quelque soit la situation en laquelle va s’exprimer l’impulsif, c’est que son mécanisme de charge de violence est arrivé à la zone excédentaire et il doit être expulsé.

 

Soit c’est un facteur lié à un objet-situation stimuli suscitant cette décharge. Le taureau ou l’impulsif voit rouge si telle phrase est prononcée, si on lui dit telle chose, si on lui rappelle à tel élément qu’il déteste.

 

En ce cas, c’est le produit d’une intoxication éthique: il n’est pas à sa place, en tel lieu, avec telles personnes, cela renvoie à un horizon de rapports qu’il ne peut pas gérer car il l’appréhende comme un milieu et des interactions hostiles: impulsivité apparait ici comme un curieux mécanisme de défense, un mécanisme de rejet d’un rapport déconstituant.

 

Cependant si l’impulsivité intervient au carrefour de ces deux causes temporelle et cause stimuli facteur déclencheur, que conseiller et comment aider l’impulsif à gérer cette impulsion irrationnelle pouvant causer tort et préjudice à ceux à qui il l’inflige et à lui-même sortant d’un comportement acceptable socialement et se mettant en situation d’être sanctionné légitimement pour son action déplacée?

 

Y a t il un moyen de défaire une accumulation par une déaccumulation? Comment faire pour qu’une personne qui ressente en elle une colère redoutable ou une puissance débordante d’énergie accumulée( et par conséquent négative) puisse la voir réduire?

 

L’hypothèse de l’observateur dans la théorie des sentiments ne marche clairement pas car quelque soit l’observateur supposé ou réel, il en fait foncièrement soit une cible, soit un observateur qui produit une reconnaissance de cette négativité, soit une indifférence car le processus doit s’exprimer.

Les interprétations peuvent soit y voir un narcissisme, une sorte de cri de reconnaissance inversée, ou une asocialité par une impulsion incontrôlée, ou un sadisme et masochisme.

 

Dans les trois cas, le rapport social adéquat est emporté dans un rapport où l’observateur, le témoin, ou la personne-objet-stimuli de cette impulsivité n’a pas une fonction de réduction/atténuation comme Adam Smith l’esquissait. Au contraire car elle est emportée dans l’action impulsive comme un élément de charge de son dispositif.

D’où vient et y a t il une fin à cette impulsivité verbale? On pourrait penser à la névrose de séparation. Si le rapport social est perturbé et qu’un déclencheur peut être social, alors on pourrait penser que le phénomène est lié à une pathologie sociale de surinvestissement social qui pourrait conduire à une intention de brisure d’une situation sociale potentiellement mutilante.

 

La question est pour trancher face à cette hypothèse : L’impulsif se coupe t-il constamment d’un ensemble social donné? Si il s’en coupe doit on penser qu’il s’agisse d’un effet de l’impulsion dont l’origine est ailleurs ou qu’il s’agit d’un symptôme de l’impulsion?

 

S’il s’agit d’un effet de l’impulsion, la cause n’est pas sociale, il y a un trouble physiologique conduisant par l’excès d’énergie à une dérivation de celle-ci: mais pourquoi la forme  »impulsivité verbale? » plutôt qu’une autre? Pourquoi cela n’aurait-il pas pu conduire à une autre forme de dérivation? Il faut donc réinterroger l’impulsivité dans le schéma global d’existence de l’individu: peut-être que cette impulsivité verbale participe d’une groupe de moyens d’expression d’une énergie en excès accumulée qui prend telle forme ou telle autre en fonction des contextes.

 

Faut il donc traiter tout le schéma global d’existence à réformer? ou simplement orienter vers une forme privilégiée d’expression qui pourrait être positive? ( une sublimation par le sport par exemple) Mais comment savoir si le schéma est vouée à une homéostasie fonctionnellement où les processus d’accumulation ne déborderont pas cette forme même?

 

Cela conduirait à se demander : mais pourquoi diable celui-ci accumule de cette manière l’énergie et la décharge de cette manière? Pourquoi s’agit-il de son fonctionnement?
Est-ce un choix d’existence? Peut on parler d’une complaisance psychologique alors même que celle-ci conduit à un ostracisme sociale? Quel que soit l’idée que l’on se fasse d’un choix ou non, ce fonctionnement est préjudiciable pour l’individu et l’entourage par conséquent doit être du mieux possible diminué.

 

Dans un appendice de l’Anti Oedipe Deleuze-Guattari évoquait les devenirs possibles dans un milieu défavorable c’est à dire inhibant une circulation du désir: 1. Acclimatation au milieu par atténuation de sa puissance vitale( alcool, dépression) 2. Restructuration hégémonique du milieu ( vol, domination) 3. Résistance au milieu( lutte)

 

Mais une lutte peut prendre deux formes à ce qu’il nous apparait à partir de l’analyse effectuée: une forme vertueuse, l’émancipation, la création,  la critique constructive dans la production d’une transformation intégrative de son désir au sein du milieu en lequel il s’insère adéquatement pour que le tout ou le collectif exprime une amélioration fonctionnelle de la circulation du désir en ce tout. Autre forme de la lutte possible la lutte comme dénégation du milieu, protestation symbolique et esprit de critique.

 

Le ressentiment est la forme de la résistance au milieu caractérisée par une lutte négative dans le sens où cette lutte est symbolique, vide, non arrimée sur un  processus de transformation intégratif matériel.

 

L’impulsif verbal est-il lorsqu’il effectue sa diatribe un homme du ressentiment? En ce sens la réponse est oui.

Restera-t-il un homme du ressentiment? La réponse appartient à sa réponse au milieu.

 

S’il renonce à la résistance négative, il peut aller vers l’atténuation de son mode d’existence par adaptation au milieu, diminuant son énergie et il sera mieux et composera des rapports adéquats avec le collectif du milieu. Il peut aussi autre choix partir vers la domination du milieu hégémonique auquel cas la position sera inversée par rapport au milieu mais toujours problématique. Il peut aussi tenter de convertir sa lutte improductive symbolique de ressentiment en lutte productive de transformation créatrice.

 

Pour ceux qui restent dans le mode d’existence du résistant, nul doute que nous oscillons toujours entre ces deux moments:

 

Lorsque  notre processus est empêché de s’exprimer comme production créative, nous basculons dans le ressentiment c’est à dire dans la virtualité de la création. et sans doute dans toute résistance le moment de la lutte négative et du ressentiment est un élément qui scande ponctuellement la résistance créatrice en acte.

 

Lorsque notre résistance créatrice peut s’exprimer nous y réalisons positivement un accroissement de la richesse d’un milieu autant que notre propre épanouissement.

Mais la posture de la lutte et de la résistance peut conduire à l’un ou l’autre ainsi prenons garde à ne pas nous complaire dans la posture du ressentiment par vie menée virtuellement par une série de postures et protestations symboliques qui nous enfermeraient dans un isolement social et une improductivité totale.

 

Sans doute, nous devons quitter notre terre natale et le lac de notre terre natale et aller dans la montagne. Il nous appartient de ne pas en faire un lieu de ressentiment  en la voyant comme un lieu de transition d’un devenir créateur porteur d’une transformation du milieu en lequel il reste pour toujours anomalement autochtone et  voyageur.

Thibault.

l’effet performatif des sondages n’est pas pris en compte.

 Y a t-il un effet d’auto-engendrement des résultats pour les sondages? comme un effet performatif des sondages? à court moyen et long termes constituant une préformation idéologique d’un rapport de force réel? Si je décris un rapport de force selon un pourcentage ou une proportion, est-ce que cela n’a pas un effet sur l’électorat de savoir que le rapport est ou a été tel? effet de décomplexion, effet de démobilisation, etc.? car ça coupe des phénomènes d’espoir alors que toute élection repose sur des espoirs.

Florilège d’arguments et de logiques argumentatives contre une banalisation du vote FN.

Florilège d’arguments et de logiques argumentatives déployées sur les réseaux sociaux pour m’opposer à une banalisation du vote FN et des soutiens de son discours sur les réseaux sociaux…faut se battre pour garder une fraternité humaine et une tolérance multiconfesionnelle:

Contre l’argument de l’essai du Front National pour susciter une révolte populaire.

L’argument le plus dangereux pour toute minorité- et donc pas pour moi si je ne m’engageais pas car je suis un homme blanc aux yeux bleus baptisé aux racines chrétiennes et fonctionnaire d’Etat. Un des arguments les plus dangereux, décourageant et pourtant répandu.. que j’ai pu entendre parmi même des amis proches de couleur j’ai bien dit de couleur car là- je trouve cela le comble de l’absurdité dans la mesure où ils en feront les premiers les frais c’est de dire : si on vote pour Marine le Pen, au moins, ça fera bouger les gens, il y aura des abus et là les gens vont de révolter, le peuple ne va pas laisser passer ça, le changement donc passe par voter le pen. … et ceux qui pensent ça vont même jusqu’à dire, de toute façon, il y a déjà du racisme et des contrôles au faciès actuellement mais avec marine le pen ça se verra encore plus ça sera flagrant et paff tout le monde va se révolter et au pire ça changera rien à ce racisme déjà présent. J’ai jamais vu un argument plus dangereux fondé à la fois une anticipation de réaction collective d’une naïveté touchante mais confondante et surtout se fondant sur la sous estimation de la puissance de persuasion et d’action qui peut être produite par un groupe qui s’empare du pouvoir en ayant des préjugés sur des catégories de population : Quand vous donnez le pouvoir central le plus puissant à un groupe politique dont la fraternité repose sur des critères d’identité culturelle et territoriaux- qui par définition sont des critères d’exclusion dans une société multiculturelle, multi-confessionnelle, diverse et terre d’immigration sur plusieurs générations je pense aux vagues d’immigration économique des mineurs polonais et italiens dans le bassin minier et ouvrières de population magrébine-, ce groupe au pouvoir peut instrumentaliser rhétoriquement les appareils d’informations de telle manière à instaurer une légitimité de façade pour leurs actes de répression policière: je pense à l’état d’urgence comme alibi et la peur du terrorisme, je pense aussi à tout un discours d’extrême droite contre les mouvements contestataires de gauche, les réduisant à des casseurs violents pour avoir un argument de démantèlement de leurs organisations militantes( je condamne sans ambiguïté les débordements en marge des manifestations du premier mai actions de blacks blocks inqualifiables sur les forces de l’ordre brulés). Ainsi si Marine le Pen vient au pouvoir, elle aura le ministère de l’intérieur et du renseignement sous sa tutelle. Marine le Pen désignera tout un gouvernement dont un ministre de l’intérieur qui dirigera la Police. La police fera donc des rondes de police comme à son habitude mais dans un contexte modifié où les critères d’appartenance à la nation seront reconnus dans un horizon d’identité ethnico-culturel précis et dans un contexte d’une construction médiatique d’une menace perpétuelle de terrorisme. Dans un tel contexte de pouvoir, déductivement même si les agents ne sont pas racistes en leur fort intérieur, ils le deviennent de fait car pour contrôler ils seront incités à se fier à l’apparence visuelle et aux caractères visibles d’appartenance à la communauté, et non à se baser sur le comportement des personnes. Partant, toute personne de couleur peut apparaitre comme ayant une appartenance ambiguë au groupe, aux yeux des forces de l’ordre qui visent une reconnaissance immédiate d’appartenance évidente par des critères ethnico-culturels. Cela jette donc la possibilité d’une suspicion légitimée sur tout citoyen non blanc et à fortiori musulman suspicion de ne pas être à part entière membre évident de cette communauté politique dont l’identité est culturellement définie. Ainsi automatiquement, les actes de contrôle et bavures, pressions face à ces minorités vont s’accroitre. Cela va t-il se changer en révolution car ils seront visibles à l’image de la bavure policière liée au cas de Théo qui a été malmené? Plus il y aura de peur de la Police qui sera une police faisant usage et des descentes légitimées par un discours d’autorité contre le terrorisme et un appel au respect de l’ordre implacable républicain, plus ces descentes se légitimeront par habitude dans l’opinion majoritaire. Si on les cherche c’est qu’il y a des raisons, si on fait des perquisitions c’est qu’ils représentent une menace! Et plus cette peur et cette légitimation de façade font leur effet, plus ceux qui n’en sont pas victimes se désolidarisent de ceux qui en font les frais et sans vouloir aucunement militer pour les aider! Pareil pour les groupes de militants de gauche qui iront protester, ils seront décrédibilisés comme radicaux même s’ils défendent des personnes stigmatisées, la contre interprétation de leurs actions les rendra suspicieux de pure anarchisme violent. Face donc dans un tel contexte à un contrôle au faciès vous croyez sincèrement qu’un bon père de famille va risquer de s’arrêter et de s’opposer à une intervention qu’il voit dans la rue- même si il a l’intuition contrariée par les discours médiatiques de l’Etat que c’est un peu injustice- vous croyez qu’il va bouger alors qu’il a la responsabilité de l’intégrité de ses enfants qu’il a avec lui? vous croyez que ceux qui vont se rebeller vont être tolérés ? ou une répression de ceux qui militent ou s’opposent ne va pas s’accroitre? Et si le renseignement est plus invasif? les personnes ne vont pas s’autocensurer avant de prendre une position? Plus vous allez vers un parti de l’ordre fondé sur les critères évoqués, plus la répression sera dure, plus elle limite la liberté d’expression et les manifestation d’opposition. Elle instaurera comme toujours dans l’histoire et la géographie ( on pense à Poutine) une peur et un refus de l’action de résistance, une aversion de la majorité à agir. A ma connaissance, il n’y a pas eu de nombreux exemples dans l’histoire de soulèvements populaires de type révolution d’une population majoritaire pour l’aide et la défense de minorités ethniques stigmatisées, dans un contexte de gestion idéologique habile d’une peur et colère contre ces populations désignées par le groupe au pouvoir tirant son autorité d’un discours national fondé sur critères d’identité etchnico-culturelle…

Sensibilisation aux conséquences : rupture de lien social à ceux qui se destinent au vote FN

Je préviens, si certains d’entre vous vont voter FN, je ne veux plus jamais avoir affaire à vous dans mon existence et je ne le pardonnerai à personne d’entre vous, jamais. J’ai cherché à dialoguer dans une logique concessive avec les personnes concernées voulant voter FN. J’ai écouté leurs arguments, j’ai cherché à présenter les gênes du raisonnement et les risques. Malgré cela et le risque qui pèse sur de nombreuses personnes que j’ai démontré, si le dialogue n’a servi à rien pour empêcher votre vote, je ne peux plus rien et votre choix fait de nous des personnes qui n’avons plus rien à jamais à nous dire. Ce choix est crucial. Par conséquent, si vous l’avez fait en faveur du FN, j’en tire les conclusions de ne plus rien avoir affaire avec vous. Je refuse de me confondre avec et de pardonner à ceux qui arment le bras qui frappera le plus faible, démuni et différent car même en vous montrant les conséquences et les implications à chaque niveau, rien n’y a fait. Malgré les alertes à l’usage de la notion de civilisation par le FN et l’absurdité anthropologique d’une conception de civilisation basée sur un repli culturel, lequel conduit a mininma à un apprauvrissement culturel, malgré l’alerte sur l’usage de la notion de racines chrétiennes par le FN en dénaturant le message de l’amour chrétien, malgré l’alerte sur la désignation d’ennemis ethnicisés et la froideur de rapport à l’étranger déshumanisant ou les enfants à descolsariser, malgré l’interpellation sur les réseaux d’extrêmes droite, malgré les nombreux exemples de Négationnismes, de propos négationnistes, les sorties sur le vil d’hiv, ainsi de suite, malgré avoir montré le danger de l’usage de la notion de nation comme notion identitaire de référence pour la construction de subjectivités avec les risques de tension liée à l’exacerbation de la tendance naturelle à l’ethnocentrisme de chaque peuple qui se construirait de cette manière dont la tendance est inéluctablement le nationalisme, malgré avoir alerté sur le danger et l’absence de justesse théorique d’une idée de relativisme des racismes avec la notion proposé par le FN et les extrêmes d’un racisme anti-blanc, alors même que l’étalon majoritaire qui a produit du racisme majoritaire aux effets de violences sans précédent dans l’humanité était précisément l’Homme( le Masculin) et a fortiori Blanc/occidental ( traite des noirs, exploitations des populations, des femmes dominations, impérialismes de toute sorte jusqu’à des guerres impérialiste et de colonisation) et que celui ci « L’Homme Blanc » était surreprésenté dans les institutions conduisant à des violences sur les minorités en France et aux USA, en Afrique du sud par exemple( violences policières sur arabe, black, musulmans, tziganes, roms, juifs) dans l’histoire. Malgré avoir présenté un récit de politique-fiction s’inspirant des discours du FN montrant que déductivement des violences, nuisances et condamnations à court et moyen termes s’infligeront d’abord aux militants en résistances qui se dresseront contre les débords et l’idéologie nationale qui s’abattra sur les populations stigmatisées, Malgré avoir présenté cela si vous préférez faire ce choix du FN, vous êtes démasqués dans la haine froide ou la farouche volonté de prendre le risque d’oppression des faibles et de ceux qui résistent pour aider les faibles au motif d’un changement économique: vous êtes clairement du côté des salauds sartriens et dans la lignée d’une tradition qui a produit dans l’histoire des bourreaux. Je ne partage plus rien avec vous et faut que cela soit acté. Et pour Macron dont la violence économique s’abattra sur tous les plus faibles tout aussi assurément, je serais avec tous mes amis militants dans la rue pour défendre les acquis sociaux et défendre ce qui sont attaqués car nous, on fait comme tous les militants de gauche, on a toujours été dans la rue et on a fait le travail à tous les niveaux: on milite pour nos droits et une émancipation collective sans la penser au détriment des plus faibles quels qu’ils soient. Et cela, c’est le seul horizon que propose toute rationalité.

Justification de la rupture de lien social par l’exclusion que porte le vote FN :

répondant à un internaute en contact qui m’a accusé de devenir hainaux par le message ci dessus marquant ma volonté de rupture de lien pour acter de la violence du vote FN, j’ai répondu ceci:

La haine, malheureusement, c’est hélas ton vote qui la porte en toi et envers nous Jerome philippe. J’ai jamais eu aucune haine envers toi néanmoins. Je refuse en revanche purement et simplement de te considérer comme une personne que j’estime et avec qui je souhaiterai échanger à l’avenir si tu fais le choix de le pen car ton vote exprime une violence envers des minorités que je ne peux cautionner au nom de mes valeurs que je développe si dessous. Tu m’accuses de devenir haineux. La haine c’est souhaiter ou faire du mal à une personne ou se réjouir qu’il arrive à quelqu’un quelque chose de facheux. Jamais je n’ai ressenti cela pour personne et jamais je n’utiliserai de violence arbitraire sur une minorité. J’ai dit ici que tu portes une haine par ton vote car oui le vote FN porte lui en puissance un programme qui fera mal à des personnes minoritaires. Je reprécise ma position, la démocratie doit s’exprimer dans le dialogue de tous, dans les urnes et par la participation militante aux luttes d’émancipation sociales, économiques, politiques. Lorsqu’une partie, ici le FN exclut dans son programme et ses discours certains membres de la collectivité humaine selon des critères arbitraires, alors cette partie, le FN s’exclue de la démocratie dans son projet au pouvoir même s’il reste dans les faits actuels toujours démocratique sur un plan institutionnel. Ainsi, même si en droit le dialogue avec le FN est à instaurer car satisfaisant sur le plan institutionnel aucune atteinte factuel au démos comme totalité indivisible, néanmoins, le dialogue dans les faits sur une base démocratique avec cette partie n’est plus possible car son projet exclut une partie du démos et de la collectivité humaine alors que c’est sur cette condition même de respecter cette diversité que s’ouvre tout dialogue politique visant de bien collectif et le bonheur de tous en démocratie. Si donc, après avoir cherché à faire sentir ou déduire rationnellement le problème de leur choix à certains ceux ci adhèrent toujours à leurs thèses antagonistes avec la satisfaction de la condition de tout dialogue, nous devons leur manifester l’impossibilité de parler avec eux. Si de ce divorce, nait un fossé en lequel leur force s’accroit et si un jour ses forces ou des forces de cette nature prennent le pouvoir et s’imposent en produisant leurs effets de violences arbitraires sur les minorités stigmatisées excluent de la collectivité humaine, si un tel pouvoir perverti par ces finalités se met en place, alors, face aux exactions et contre elles, nous nous dresserons contre eux, en conscience, responsabilité et résistance, quelle que soit l’issu de ce combat.

Récit de politique-fiction : nous sommes toujours sous l’état d’urgence avec les pouvoirs associés: Marine le Pen présidente. Phase I. Expulsions des fichiers S. Contrôle au facies en hausse. Perquisitions plus fréquentes dans les communautés musulmanes. Augmentation présence et nombre police et gendarmerie. Ordre renforcé en France, répression forte des mouvements sociaux de gauche, augmentation légères des bavures policières dans les quartiers, augmentation des dotations pour la BAC, tension avec l’extrême gauche, renseignement RG plus musclé. Dissolution de groupe d’extrême gauche et court séjours en garde à vue prolongée de certains membres, peines et court séjours prisons pour des intellectuels et idéologue de gauche réelle pour des motifs de trouble à l’ordre public. Usage massif des médias, communication de l’Elysée léchée pour permettre la sortie de l’Europe. La France réobtient sa souveraineté économique et retour au nouveau franc. Vague de dislocation de l’Europe et concurrence des pays pour obtenir des parts de marché. Délocalisation des entreprises puissantes dans les pays producteurs pas chers de l’ex-Europe. Tension entre les peuples du fait de cette concurrence entre les peuples dont les peuples étrangers piquent le travail dans leurs pays. Logique de concurrence des nations sur fond de crise économique. Phase II. Politique d’Education au patriotisme remplaçant l’ex ECJS et l’EMC. Réduction du volume horaire de philosophie. Reduction de postes en philosophie. Remplacement des manuels d’histoire et géographie par un recentrage sur l’histoire de France idéologisée, relecture du phénomène du régime de VIchy, des chambres à gaz, et du rafle du vel’hiv, relecture du phénomène de la mondialisation, réduction des options de langue. Présence policière dans les établissements scolaires. Incitation au signalement par les Proviseurs. Créations d’établissements disciplinaires. Manuels de français ouvrant à d’autres figures littéraires, suppression de poètes de la négritude du manuel. Politique culturelle censurant les oeuvres ne respectant pas la civilisation occidentale aux racines chrétiennes, subvention de spectacles traditionnalistes et coutumiers. Nomination de juges et réforme de la magistrature. Rétablissement de jugements comme traites à la patrie. Premiers jugements rendus sur des cas d’islamistes terroristes. Tension économique avec certains pays de l’ex zone Europe. Batailles monétaires gagnées. Financements de sociétés françaises. Accords bilatéraux tendus. Vague d’attentats subis par difficulté du renseignement lié à l’expulsion précipitée des fichier S. Rétablissement des frontières dans toute l’ex zone europe. Proposition de création de milices de quartiers. Augmentation de bavures policières. Politique de santé. Ruralité aidée. Refus de soin aux personnes étrangères. Difficulté d’obtention de la citoyenneté française. Disparité de traitement pour l’obtention d’un travail, d’un logement, pour personne aux noms à consonance étrangère. Suite aux tensions économiques liées au travail, les français d’origine polonaise sont mal vus dans le nord de la france, au même titre que les roumains, tziganes, musulmans dans tous le pays. Litiges économiques avec l’allemagne. Expulsion des migrants et échec d’accord avec le Royaume uni sur la situation à Calais. Violences aux migrants dénombrées. Mort de migrants par groupes sociaux. Phase III. ?

Quel devait être le rôle d’un professeur en 1938 ou en 1933? celui d’un enseignant qui enseigne paisiblement? Si il avait une connaissance claire de ce qui se passait depuis 1933 ailleurs, et d’une menace probable envers certains de ces élèves juifs qu’il avait chaque jour en face de lui et qui participaient à ses cours, en les regardant devait-il ne songer qu’à enseigner? ou à autre chose comme s’engager? Quel devait être le rôle d’un professeur en 1933 ou en 1938? Quel doit être notre rôle?

Sur les racines chrétiennes par le FN contradiction dans les termes:
Si marine le pen soutient et revendique des racines chrétiennes de la France, alors prenons là au mot: A ton avis qu’est-ce qui anime le coeur de tous les catholiques qui ont la foi et qui ont entendu le message du Christ? Si nous sommes un pays de racine chrétienne tous les citoyens ne devraient-ils pas précisément être pénétré par ce souci chrétien du prochain et de ses semblables et tendre la main aux démunis dans un soucis de l’autre selon la charité chrétienne ? Si on prend aux mots cette idée de racine chrétienne on doit au nom de cet héritage refuser tout rejet des autres, toute absence de bonté et générosité à l’égard de tous par delà les différences, et à ne voir aucune frontière, aucune barrière entre les hommes à ériger mais à chercher à réaliser ce souci de l’amour fraternel. Tu vois X, tout cet héritage nous inciter à diffuser un message de fraternité qui nous ramène à autre chose qu’une désignation d’ennemis ou boucs émissaires ethnicisés, le migrant, l’étranger, l’autre culturel etc.

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sur la prétendue idée d’une fraternité nationale au FN

. Une fraternité au sein de frontières nationales avec des stigmatisations de populations minoritaires au sein de cette population? sur les musulmans? et que dire de la sortie de Madame Le Pen sur l’absence de responsabilité sur le massacre du Vel d’hiv? https://fr.wikipedia.org/…/Rafle_du_V%C3%A9lodrome_d… C’est quoi ça du négationnisme? tu sais ce que c’est le négationnisme et ce que ça implique? Et que dis tu encore de ce à quoi a toujours conduit l’exacerbation d’une fraternité strictement liée à la Nation? quelle leçon nous a enseigné l’histoire des Nations justement ? tous les rejets, et stigmatisations et tensions voir les conflits et guerre que la notion de Nation charrie quand elle est le seul vecteur de construction sociale culturelle et identitaire? 2. Et tu te dis être Français? Mais c’est quoi être français? Respecter les lois du pays? Donc tout homme circulant sur notre territoire et étant respectueux des lois est un Français? ou Etre Français c’est respecter les coutumes françaises? les coutumes c’est ça? Or le respect de certaines coutumes plutôt que d’autres vont à l’encontre du principe fondateur de la France moderne du XXème siècle : la Laïcité qui permet une variété de manière de vivre. La Laïcité est un acquis législatif en France. Etre français ça serait parler français? donc toute personne parlant français est française? ou est ce les personnes qui maitrisent et parlent bien le français? dans ce cas beaucoup d’électeurs du front national n’en feraient pas parti !… être français c’est aimer son pays? c’est ça être français? Alors un migrant qui aime la France il est français? Est ce que c’est par la naissance sur le sol que tu fondes être Français? ou vas tu même à dire par le sang même qu’on est français? et c’est ça ton modèle et critère de fraternité ? quelle absurdité de critères pour fonder une fraternité humaine!

Sur la notion de civilisation dans le discours de Le Pen en contradiction avec les apports de l’anthropologie sur l’apogée des civilisations.

J’enfonce une porte ouverte mais je préfère sécuriser élements pour un échange avec un électeur potentiel du front national : Un acquis incontestable de l’ethnologie est à rappeler avant le second tour: La différence est le moteur des civilisations. Ceux qui partent d’une bonne intention et qui se disent que Marine le Pen n’est pas mauvaise ni dangereuse si on écoute bien ce qu’elle dit se trompent. Elle dit bien vouloir défendre la civilisation occidentale et c’est par cela qu’elle représente un réel danger pour la civilisation occidentale elle-même, un réel danger pour le vivre ensemble actuel et pour notre diversité de population actuelle, cette diversité qu’on retrouve dans nos lycées, lieu de l’instruction des enfants de la république de toutes les couleurs, toutes les cultures et toutes les conditions. Pourquoi donc est elle un danger en prônant une défense de la civilisation? Elle est un danger car à moyen termes, une civilisation qui cherche à prospérer en se repliant et en se recentrant culturellement sur ses traditions héritées la conduit inexorablement à une tendance à l’homogénéité culturelle et partant à un appauvrissement culturel qui a des conséquences fortes à de nombreux niveaux : d’une part l’homogénéité sociale est en soi un danger: que nous soyons tous les mêmes est un danger. L’ expérience de psychologie collective de Ron Jones dont le film la vague a publicisé le résultat l’a montré: l’homogénéité sociale contient une tendance au fascisme. D’autre part, plus précisément, Lévi-Strauss a montré dans l’analyse de toutes les cultures que la vitalité des sociétés et celle de la civilisation occidentale en général a été le fruit de sa capacité d’inclusion et d’acceptation de la différence et de l’incitation à des métissages culturels toujours riches et créatifs et utiles à la civilisation qui avait choisi cette voie: c’est sur cette idée qu’a prospéré le nouveau monde, c’est sur cette base que l’amérique des usa est devenue l’Amérique des USA dont la prospérité est connue de tous, le pays des migrants par excellence- chose oubliée par l’actuel président Trump…. De fait, le projet politique de Marine Le Pen va contre ce fait obtenu par l’ethnologie, va contre cette ouverture culturelle. Concrètement, les conséquences néfastes d’un repli sur une base homogène culturelle sont nombreuses en de nombreux domaines : réduction de la fécondité de la recherche devenant moins innovante, de l’économie moins dynamique car dotées de moins d’idées, appauvrissement de l’offre culturelle et surtout une société à moyen terme dotée de moins de tolérance à la différence. En effet, en se recentrant sur une culture donnée, les membres de cette société deviendront par absence d’habitude tout à fait étranger à voir de la différence culturelle. Ainsi, les postures de rejet seront et ont toujours été en pareil cas les plus fréquentes et fondées sur l’ignorance liée à l’homogénéité. Pour toutes ces raisons, la meilleure manière de défendre la « civilisation occidentale » n’est absolument pas le chemin esquissé par Marine le Pen. De surcroit, s’il faut encore convaincre Madame le Pen malgré une rhétorique habile est entourée de personnalités aux discours dangereux dans sa famille même et dans ces relations et contacts européens. Elle est une menace pour la diversité sociale actuelle, une menace à l’idée selon laquelle chacun peut vivre sa vie comme il l’entend dans le cadre de l’Etat de droit pouvant choisir une vaste gamme d’existence possible( croyance ou non, type de vie, etc.) et en même temps et par cela, une menace à la prospérité d’un pays.Je dis ça pour ceux qui seraient tentés par un vote le pen au second tour. Clairement, la philosophie n’aura jamais sa place dans un tel horizon, ça serait tuer la possibilité d’oeuvres de haut niveau en philosophie en encensant l’homogamie intellectuelle, cela confinerait à un assassinat à termes de la philosophie elle même et il suffit de regarder les tracts de MLP: ils parlent d’eux mêmes.

Tout simplement : as tu eu une discussion avec des personnes beurs ou black ou musulmans ? Si tu me dis oui et que la majorité la voit comme une candidate normale qui respectera le fait qu’ils soient français alors vote sans problème pour le pen. Sinon si les premiers intéressés le sentent mal et que tu les estimes des français comme les autres qui ne doivent pas subir de stigmatisations alors abstiens toi de choisir le pen. Sinon en conscience, il y a un doute raisonnable qui devrait te laisser penser que si les principaux intéressés se méfient c’est qu’il y a peut être quelque chose duquel il faille se méfier… les principaux intéressés ce sont toujours les minorités : Minorités d’orientation sexuelle en Russie, idéologiques et intellectuels critiques en Chine, sous la Présidence Obama, les noirs américains pauvres restaient minoritaires et subissaient un racisme présent qu’ils ont du combattre des policiers US, ( racisme avéré) sous Trump, les musulmans en ont pris plein la figure durant la campagne et plein de discrimination vont bon train… durant l’apartheid toute proportion gardée il y a eu le pire possible jusqu’aux lynchages, les juifs pour le régime nazi… ç chaque fois des minorités étaient désignées. Si tu arrives à répondre sans le moindre doute en ayant consulté de nombreuses personnes blacks beurs musulmans à ce que Marine le Pen garantira aucune forme d’inégalité à tous alors vote les yeux fermés pour elle.

De la flexisécurité amoureuse : les relations amoureuses au XXIème siècle…

Le décodage généralisé des flux conduit inéluctablement aux dénouages de tout engagement et de toute relation, a fortiori dans les relations amoureuses: comment donc espérer en la continuité relationnelle dans un monde où la liberté individuelle suppose un désengagement perpétuel et des discontinuités permanentes? L’Amour au sens chrétien du terme, union amoureuse réciproque de deux êtres traversant l’existence ensemble semble la résistance minoritaire la plus étonnante aux forces de l’ère actuelle: l’art et l’ère de l’abandon perpétuel abandon tacite( la non réactualisation ou activation de la relation) ou l’abandon déclaré( la rupture), l’apprentissage et la ritualisation du détachement par l’absence( la non réponse, l’absence, etc.) et l’ouverture de relations en pointillés discontinuelles, tout cela règne dans une société décodée. A termes, l’idée du mariage d’amour chrétien, se convertissant en mariage d’amour civile puis en union libre non juridique, en une relation déclarée ou tacite, ce décodage conduit à une intériorisation antérieure à la rencontre, à une intériorisation d’un horizon de précarité de la relation amoureuse et de son devenir potentie. Tout cela conduit à ne plus croire à la relation amoureuse, même emporté par la passion, la croyance en cette relation se fait sur fond d’un horizon de précarité ( désengagement, sérapation, rupture, divorces) à ce point tel que la parenté et la filiation peuvent se penser indépendamment de toute relation amoureuse tel un désir d’enfant par delà la croyance en un couple. Ce réalisme de la part de chacun qui sait la donne actuelle conduit à l’absence de croyance en la chance de relation amoureuse durable. Et ce réalisme, retourné sur chaque sujet confine ce que celui ci répondre toujours négativement aux questions suivantes: Peut-on m’aimer pour celui ou celle que je suis toute une vie? Est-ce que j’ambitionne qu’on m’aime pour être en couple? Si une réponse affirmative à la question Est-ce que j’ambitionne qu’on m’aime pour être en couple? n’est plus la condition d’une relation, il me semble que quelque chose est cassé. Il y a eu des mariages forcés, il y a eu des mariages de convenance, des mariages par habitude sociale ou intérêts de familles, il y a eu aussi des mariages d’amour puis des unions civiles véritables, et une multiplicité de formation désirantes hétérogènes comme une bouffée d’oxygène d’une génération( année 70) qui se stabilisaient à termes dans des relations civiles durables: nous avons nous comme horizon spécifique contemporain majoritaire urbain, le poly-amour, les unions libres désengagées ou sans engagement, la flexibilité relationnelle( voire même une flexisécurité médiatisée par des réseaux, applications, services d’entreprise avec ses phases 1.engagement 2. difficulté 3. agence de rupture, rupture, 4. appli pour période post rupture, 4. réengagement fragilisé par 1, 5. difficulté, 6. rupture de la relation 2, période post rupture, etc. écornant et épuisant les individus et leur croyance à mesure du temps qui passe?) des segmentations de l’existence amoureuse. D’où une question faut il accepter cette donne contemporaine? être fils et fils de notre temps? Si non, comment restaurer un horizon de croyance en des « nous amoureux » durables? Ne faudrait-il redonner une place à la croyance et en un horizon de permanence sinon un horizon d’éternité? ou faut il n’être que réaliste et assumer la loi cynique du devenir ? Un juste milieu d’un engagement réciproque véritable et néanmoins en droit précaire dont les deux soient les artisans volontaires de son maintien et de sa permanence en cherchant à se recharger et durer perpétuellement tout en acceptant la menace d’une rupture est il tenable une vie durant? Est-ce cela la définition du couple moderne?

De l’attaque faite aux intellectuelles et intellectuels par Sophie Bramly

J’essaie de poser un problème à partir d’une indignation, si vous avez le temps. Une femme a publié une tribune sur le Magasine du Monde ( M) http://www.lemonde.fr/…/sophie-bramly-beyonce-et-rihanna-on…

« Sophie Bramly a dit: « Beyoncé et Rihanna ont plus fait pour la troisième vague féministe que beaucoup d’intellectuelles » »

J’étais frappé de l’attaque faite aux intellectuelles et intellectuels.Cette phrase propose rien d’autre qu’un diagnostic clair et sans appel: il faudrait acter de la substitution de la fonction émancipatrice des intellectuels surannés mis au placard par des artistes US richissimes de New York. Plus généralement l’intellectuel ne produit pas d’émancipation, l’artiste mondial us oui. Cela veut dire que non seulement Beyonce serait une ambassadrice de la danse pop contemporaine, mais aussi un exemple de réalisation de soi par le chant et le showbizz, une icone de beauté et un symbole de la réussite d’une femme défendant toutes les femmes et la figure d’un nouveau sujet émancipateur social mondial. Certains considèrent qu’ils ne faut pas juger selon les critères du féminisme blanc, le black feminism et par conséquent ce serait une erreur que de prononcer la moindre critique à cette vision et qu’il faudrait accepter que Oui Beyoncé est l’héritière des Blacks Panthers et que son oeuvre produit de l’émancipation et que les intellectuelles sont à renvoyer au placard. Beyoncé et Rihanna ont plus fait pour la troisième vague féministe que beaucoup d’intellectuelles » » Mais C’est ça l’idéal d’émancipation féministe? et la nouvelle figure de l’émancipation qui renvoie tous les intellectuels et les intellectuelles au chomage?

Au risque de heurter le black feminism, Beyoncé ne ressemble t-elle pas plutôt à la vitrine du capitalisme et d’une intériorisation de la femme-objet séductrice qui fait danser des jeunes filles et produit du divertissement plutôt que des effets pratiques d’émancipation?.. permet elle une sorti des clichés, de nouvelles possibilités d’existence par delà les structures d’inhibition du genre? peut-être suis-je déjà étranger à la modernité, déjà vieux… Une femme qui use du charme comme modèle d’ascension social dans une monstration totale de soi en montrant qu’elle veut gagner, une winneuse aux dents longues c’est ça la troisième vague féministe qui renvoie à la période des dinausaures tous les intellectuels et les intellectuelles? ou une Rihanna avec Bitch better have my money? A la fois j’y vois un écran de fumée rêve, illusion pour jeunes filles, un outil séducteur idéologique restaurant la croyance en soi vide d’effet pratique par ce maudit système de la représentation et à a fois je suis toujours frappé par la sentence et l’assertion de la féministe « douce » : l’idée d’être en tant qu’intellectuel, obsolète en ce monde.

Si on admet que des artistes pop de nos jours peuvent produire de l’émancipation et en sont les fers de lance( l’idée que Beyoncé et Rihanna seraient la troisième génération féministe ayant plus apporté que les intellectuelles), alors moi ça m’interpelle, la philosophie peut-elle encore jouer un rôle de puissance critique effective dans l’espace social actuel selon la forme-livre? Faut-il encore écrire? ou passer à l’offensive sur le terrain de l’image? Ou accepter de ne plus avoir d’efficience sociale et produire des livres  » pour tous et pour aucun »? En philosophie le débat contemporain a été lancé par Sartre sur le rôle de l’écrivain, l’intellectuel, le bourgeois et l’idéologie. Et Deleuze avait alerté sur l’orientation vers un temps où on ne pourrait plus faire de philosophie comme eux l’entendait.
Il me semble que nous ne devons pas admettre l’idée d’être inutile mais en même temps le monde nous le montre quand même largement. Mais si on admet nous que les dominants dans les formes dominantes de la culture dominante puissent être considérés par les dominés comme leurs émancipateurs par l’usage des biais rhétoriques et symboliques de la domination, n’est-ce pas une capitulation en règle de l’inutilité de notre existence? Les intellectuelles passées et actuelles elles ont réussi concrètement à porter des droits nouveaux… une prise de conscience acerbe des possibilités de vie autres que celles du projet d’émancipation « objet de désir à la limite du pornochic », une lutte impitoyable contre les inégalités salariales, un modèle total pour lutter contre la violence sexiste, une décomplexion relativement aux normes imposées de genre,

Rosa Luxemburg, Simone de Beauvoir, Malala Yousafzaï, même Nathalie Artaud( politique), Florence Montreynaud( les chiennes de garde), toutes les membres des Genders studies ( exemple : Elsa Dorlin pour la France) les féministes de l’intersectionnalité( Crenshaw(US) J.Falquet( France Amérique du sud ) , et toutes nos intellectuelles françaises collègues et amies militantes et théoriciennes qui font le travail en théorie et en pratique( (Irène Pereira) C’est elles il me semble qui font avancer les choses au même titre que tous les mouvements et toutes les actions des femmes dans leurs luttes, résistances, affirmations, etc. Mais peut être suis-je aveugle à notre propre inefficience comme intellectuels? Récessifs et mineurs, face aux émancipations des majeurs dominants ?

Abattoir du Vigan

« Abattoir du Vigan : un an de prison avec sursis requis pour cruauté animale »

Je comprends la logique du tribunal qui a requis une peine sévère contre un employé d’un abattoir ayant abusé de ses prérogatives. Mais, si on y réfléchit un peu plus, cela me semble moins clair: Vous donnez des outils pour tuer des animaux et vous construisez un abattoir et vous y mettez un gamin dès 15 ans après son CAP Boucher pour y travailler jusqu’à ses 20ans. Je résume, il n’a pas d’éducation solide, il est livré à lui même, 200 tonnes par an doit mourir, vous lui donnez la responsabilité de le faire dans une structure industrielle à cet effet: Vous vous attendez à quoi sinon à de la cruauté de sa part ?

Dans une usine de la mort industriellement organisée d’animaux exécutés à la chaine, qu’attendez-vous comme comportement de la part des employés de ces abattoirs? un respect de tous les jours en voyant passer mécaniquement des séries d’animaux à tuer comme autant de corps indifférenciés? La déshumanisation du comportement est sans doute liée au lieu et ce qu’on y fait. Sa cruauté peut peut-être être l’expression pathologique du jeu dans un univers où on s’oblige à tuer son humanité à tuer des animaux. Le jeu deviendrait en ce contexte sadique sous la forme de la cruauté: la conjonction de la fatigue du travail, de la détestation de ce travail à tuer, la protestation contre cet ennui au travail à tuer et l’expression du jeu comme tentative de libération. Quoi qu’il en soit, ce traitement de cruauté est parfaitement immonde et inexcusable et intolérable.

Mais le tribunal juge du haut de quoi ? d’une considération sur la valeur de l’animal comme un être ? Non ! car le tribunal ne ferme pas les abattoirs ! Du haut donc de quoi juge t-on ce cas?

De l’indignation de ceux qui mangent de la viande mais qui pensent à leurs chiens et à leurs chats en regardant l’immonde traitement révélé par des associations de défense de la cause animale. Du haut donc de cette indignation paradoxale, on juge un employé de cette industrie. Vous devez tuer jeune homme ! Il faut tuer! mais pas sadiquement! vous devez tuer en étant déshumanisé totalement ! C’est ce qu’on attend de vous jeune homme! Tuez tuez en ne ressentant rien en faisant votre boulot! Tuez sans rire. Tuez à la pelle, au suivant, des animaux comme autant de paquets de chair sans rester un homme dans ce contexte macabre.

La justice ne peut cautionner la cruauté et c’est normal de la réprimer. Mais quelque chose me dit que pauvre employé on vous a déjà pas donné beaucoup de chances en vous proposant ce travail ignoble, et quelque chose me dit que d’une certaine manière, l’hypocrisie d’une société vous condamne.

Les ennemis des disciplines pures?

Comment penser les slogans publicitaires, les objets designés, les styles de la mode, les spiritualités, les scientifisations? Sont ils des ennemis? Il semblerait qu’un phénomène de variété provenant du multiple ébranle les domaines purs que sont la philosophie, l’art, la religion, la science et constitue des domaines mixtes. Il n’y a plus des arts références où des traditions bien délimitées constituaient des domaines d’efforts esthétiques purs mais il y a des phénomènes d’esthétisation éclatés partout en toute chose et tout lieu: des objets et des images esthétisés, des allures vestimentaires comme autant de manières d’être esthétisées. De même, Il semble y avoir un recul de la foi sous la forme pure qu’est l’engagement dans une religion- en atteste la crise des vocations dans l’Eglise, ou d’autres phénomènes associés dans toutes les religions, l’absence de pratiques ou la réduction du nombre de pratiquants et en même temps une prolifération de croyances et spiritualités vécues librement ( croyances en psychologie sur les thèmes du transgénérationnel, nombreuses croyances associées à des pratiques de soi basées sur les éléments de spiritualités orientales ou l’image occidentale d’éléments de spiritualités orientales, de la sophrologie à la méditation relaxation, etc.) Pour les sciences, nombreux sont les produits associés à une forme scientifique, du dentifrice aux experts en communication, aux statistiques évaluatrices objectives des performances lors de matchs, etc: des scientifisations au détriment des sciences pures? Ce mouvement d’ouverture à des mixtes va t-il engloutir les grands domaines ou est-ce un produit sain coexistant possiblement avec ce que propose la philosophie, la religion, la politique, la science et les arts? la philosophie détronée par les slogans publicitaires invitant à être qui on est, aller plus loin, tout donner, etc.?

De quoi le journal Le Monde est-il le nom?

Le monde c’est le lieu de donation de l’hétérogénéité des actualités, c’est-à-dire des différences remarquables car expressives et faisant sens grâce à l’écart relatif qu’elles instaurent comme singularités face à une norme du champ dont elles sont issues et s’organisent ainsi dans des catégories de singularités. La politique est un lieu de ce genre, les actions violentes nommées faits divers aussi, l’insolite également, la parole atypique d’une personne, une parole sortant de la norme et de l’attente de discours qui est associée à son statut, sa position sociale, sa fonction ou son état, peut faire l’objet d’une telle publicisation comme minuscule événement, comme information. Cela vaut évidemment aussi pour les actes isolés ou des situa(c)tions comme antagonisme de volontés, de bien, de nature de biens, d’intérêts, etc.
Le monde est le lieu de l’émergence publique de l’information, c’est-à-dire, de l’anomal au sens d’une parole s’originant dans une différence, une perspective d’appréhension non typique.
L’aspect commun et normal échappe toujours au monde et n’informe pas, et lorsqu’un tel aspect est relevé néanmoins pour lui même c’est uniquement à titre d’exception exemplaire vertueuse, c’est-à-dire comme singularité éthique. La majorité des cas c’est-à titre d’exemple problématique en but d’une parole pour le résoudre que ces aspects normaux dysfonctionnant sont relevés. L’espace du monde ainsi donc est l’espace qui se peuplent des différences, qui informent et donnent forme à toute représentation partielle ou globale de l’état des choses nous la forme d’une hétérogénéité incohérente de datas dont il faut rendre compte, c’est-à-dire distribuer à tous.
SI de telles informations sont distribuées à tous, il est indéniable que la majorité ne sont utiles qu’à un très petit nombres, notamment ceux qui forgent l’information. Ce qu’on pourrait penser être le résidu inutile de ce processus- l’information de ceux qui ne sont pas concernés- produit néanmoins l’essentiel : une représentation plus ou moins grossière et passive car dépossédée de toute possibilité d’action sur elle, d’ensemble de populations, à la fois comme masse laborieuse, corps électoral, multiplicité de consommateurs, ensemble d’usagers, groupe moraux, etc.
Le monde conduit curieusement ainsi à produire des représentations libres de ces champs catégoriels d’information, la politique, l’économie, les faits divers, fonction des états, situations, statuts, fonctions de ceux qui reçoivent les informations mais il produit des représentations évanescentes qu’on nomme actualité. Car l’espace du monde est un espace présent et fini, extensif en droit certes jusqu’aux bornes quantitatives de l’humanité en termes de quantité de personnes informées mais limité en termes de quantités d’information possibles en une journée, si bien que chaque information est en lutte pour se superposer à une autre et saturer l’espace informationnel du monde, hiérarchisant ainsi les informations agglomérées en témoignant d’une origine du sens. L’information dominante est celle qui parle et qui trouve un écho et porte le plus de sens à ce moment t, car elle modifie la perception ou la représentation antérieure voire n’arrive plus à quitter la mémoire journalière. Une information qui ne passe pas qui ne perd pas son actualité est une information révélatrice d’un problème et porteuse d’un sens, d’une signification en ce moment de sa donation pour ceux qui la reçoivent, pour ceux qui la commentent et la diffusent et pour ceux qui en ont été les acteurs : quelque chose se passe, il y a un événement.
Ainsi le monde semble à la fois l’expression de ce présent qui ne cesse jamais de pousser dans l’oubli ce qui est arrivé, et il est à la fois parfois ce présent qui ne cesse plus de rester présent comme une actualité qui ne passe pas, une imprégnation et résurgence mémorielle constante par un événement frappant qui irradie saturant le présent, masquant toute autre information et peut aller jusqu’à amorcer des processus de connaissance, analysant son aspect différentiellement relativement aux autres événements rencontrées dans une histoire présente conduisant ainsi à la formation d’une série.